Les salariés de Marionnaud étaient appelés à une grève nationale ce lundi 31 août 2026 par la CGT, premier syndicat de l’enseigne, pour réclamer des garanties sur l’emploi au moment où la chaîne de parfumeries, propriété du conglomérat hongkongais CK Hutchison, doit être vendue à un repreneur français. Le mouvement, couvert par un préavis d’un mois déposé le 25 août, est reconductible : la CGT annonce d’autres actions en province cette semaine, et redoute la fermeture des magasins les moins rentables — une crainte syndicale, car aucune fermeture n’est actée à ce jour.
En bref #
- Grève nationale chez Marionnaud lundi 31 août 2026, à l’appel de la CGT, avec rassemblement devant le siège parisien de l’enseigne.
- En cause : la vente en cours de la chaîne par CK Hutchison (Hong Kong) à BEHN, société créée par David Konckier, patron du groupe français de cosmétiques Bogart — opération engagée le 6 juillet, mais pas encore finalisée.
- La CGT dit redouter la fermeture des 110 magasins les moins rentables (sur 380 recensés par Midi Libre, 400 selon RMC). Ni la direction ni le repreneur n’ont annoncé de fermetures.
- Pour les clientes : aucune fermeture n’est actée, les magasins fonctionnent normalement en dehors des journées de grève.
Pourquoi les salariés ont cessé le travail le 31 août #
L’appel à la grève concernait les salariés des quelque 400 magasins Marionnaud de France, selon RMC, qui a recueilli lundi le témoignage d’une salariée comptant plus de vingt ans d’ancienneté : « Ça fait un petit peu peur parce qu’on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés. C’est bien beau d’être racheté, mais quelles garanties nous donnent-ils ? »
Les revendications sont précises : les syndicats demandent une garantie des emplois sur deux ans et l’assurance qu’aucun magasin ne fermera, rapporte RMC. « Marionnaud est à vendre, mais pas nos emplois », résume Marilyn Gentil, déléguée syndicale CGT, qui s’inquiète de quitter « un très gros groupe » pour un repreneur « qui n’a pas du tout les mêmes moyens financiers ».
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D’après Midi Libre, la CGT — premier syndicat de l’enseigne — a déposé le mardi 25 août un préavis de grève d’un mois. La grève, reconductible, a démarré lundi à 10 heures avec un rassemblement devant le siège de Marionnaud à Paris ; d’autres actions sont annoncées en province durant la semaine, avec une mobilisation particulièrement suivie jusqu’au 7 septembre, date à laquelle une enquête sur les risques psychosociaux, menée par un cabinet indépendant, doit être remise au comité social et économique (CSE).
Une vente à un repreneur français, engagée mais pas finalisée #
Le mouvement social répond à une opération annoncée début juillet : CK Hutchison, conglomérat de Hong Kong propriétaire de Marionnaud depuis 2005 via sa filiale A.S. Watson, a confirmé le 6 juillet 2026 avoir engagé les procédures d’information et de consultation en vue d’un changement d’actionnaire. Le repreneur pressenti est BEHN, une société créée pour l’occasion par David Konckier, directeur général et actionnaire majoritaire du groupe de cosmétiques français Bogart, coté à la Bourse de Paris. Le Monde, Les Echos et BFM Business ont couvert l’annonce le même jour.
Un point essentiel pour comprendre la suite : l’opération n’est pas finalisée. Aucune cession n’a été signée à ce jour, et le rachat reste donc au conditionnel tant que les procédures en cours n’ont pas abouti. C’est précisément cette période d’incertitude que dénoncent les grévistes : « La direction et le repreneur refusent d’apporter des garanties sur la sécurisation des emplois et l’avenir des salariés », déplore dans Midi Libre Stéphanie Forté, déléguée syndicale CGT.
Sollicitée par RMC, la direction de Marionnaud assure de son côté que sa priorité est d’avoir un « dialogue constructif » pour « préserver les perspectives d’avenir » de l’entreprise.
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110 fermetures redoutées : qui dit quoi, exactement #
Le chiffre qui circule — 110 magasins menacés — mérite d’être manié avec précaution. Il ne s’agit pas d’un plan annoncé par la direction : c’est la CGT qui, selon Midi Libre, suspecte la fermeture prochaine des 110 boutiques les moins rentables du parc français à l’issue du rachat. À Montpellier, le syndicat cite trois magasins qu’il estime menacés, dont celui du centre commercial du Triangle, décrit comme « dans un état déplorable » faute d’investissements.
| Repère | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Magasins Marionnaud en France | 380 à 400 selon les décomptes | Midi Libre / RMC, 31 août 2026 |
| Salariés en France | environ 4 000 | Midi Libre, 31 août 2026 |
| Fermetures redoutées par la CGT | 110 magasins (aucune annonce officielle) | Midi Libre, 31 août 2026 |
| Part des ventes de parfums en France | environ 12 % | Midi Libre / Ecommerce Nation |
À ce stade, aucune liste de magasins à fermer n’a été publiée, ni par Marionnaud, ni par le candidat repreneur.
Et pour les clientes, qu’est-ce que ça change ? #
Concrètement, rien pour l’instant. Aucune fermeture n’est actée, et les magasins fonctionnent normalement en dehors des perturbations ponctuelles liées à la grève — Midi Libre signalait par exemple la boutique de Pérols, près de Montpellier, fermée lundi matin. Aucune des sources consultées ne fait état d’un quelconque changement concernant les cartes de fidélité, les bons d’achat ou les commandes en ligne : tant que la vente n’est pas conclue et qu’aucun plan n’est annoncé, les services de l’enseigne continuent de s’appliquer comme d’habitude.
Le calendrier à suivre pour les clientes comme pour les salariés : l’issue des négociations entre CK Hutchison et BEHN, et la semaine de mobilisation qui court jusqu’au 7 septembre.
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Marionnaud face à Sephora et Nocibé : un secteur déjà sous tension #
Selon Midi Libre, Marionnaud ne représente plus qu’environ 12 % des ventes de parfums en France, loin derrière Sephora et Nocibé, avec des ventes en ligne plus faibles et des surfaces de vente plus petites que ses concurrentes. Pour comparer les forces en présence côté offres, notre comparatif Sephora vs Marionnaud pour les cadeaux beauté détaille ce que chaque enseigne propose.
Le contexte du secteur nourrit l’inquiétude des salariés : en 2021, Nocibé — filiale du groupe allemand Douglas — avait annoncé son propre plan de fermetures portant sur 62 magasins et 347 postes en France, dans le cadre d’une réduction de voilure européenne du groupe. Un précédent que les équipes de Marionnaud ont en tête au moment où leur enseigne change de mains.
Questions fréquentes #
Pourquoi les salariés de Marionnaud ont-ils fait grève le 31 août 2026 ?
À l’appel de la CGT, ils réclament des garanties sur l’emploi (garantie de deux ans et engagement de ne fermer aucun magasin) avant la vente de l’enseigne par CK Hutchison à BEHN, la société de David Konckier, patron du groupe français Bogart. Ils dénoncent l’absence de dialogue et de garanties de la direction et du repreneur.
Des magasins Marionnaud vont-ils fermer ?
Aucune fermeture n’est annoncée ni actée à ce jour. Le chiffre de 110 magasins menacés correspond à une crainte exprimée par la CGT, qui suspecte la fermeture des boutiques les moins rentables après le rachat. Ni Marionnaud ni le candidat repreneur n’ont publié de plan de fermetures.
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La vente de Marionnaud au groupe Bogart est-elle conclue ?
Non. CK Hutchison a confirmé le 6 juillet 2026 avoir engagé les procédures d’information et de consultation en vue d’un changement d’actionnaire au profit de BEHN, mais l’opération n’était pas finalisée à la date du 1er septembre 2026. Le rachat reste au conditionnel.
À retenir #
- La grève nationale du 31 août 2026 chez Marionnaud, lancée par la CGT sous préavis d’un mois, est reconductible : des actions sont annoncées en province jusqu’au 7 septembre.
- Elle vise à obtenir des garanties sur l’emploi avant la vente de l’enseigne à BEHN (David Konckier, groupe Bogart), engagée le 6 juillet mais toujours pas finalisée.
- Les 110 fermetures évoquées sont une crainte de la CGT, pas une annonce de la direction, qui dit vouloir un « dialogue constructif ».
- Pour les clientes, rien ne change à ce jour : magasins ouverts hors journées de grève, aucune fermeture actée, aucun changement annoncé sur les cartes de fidélité ou bons d’achat.
Les points :
- En bref
- Pourquoi les salariés ont cessé le travail le 31 août
- Une vente à un repreneur français, engagée mais pas finalisée
- 110 fermetures redoutées : qui dit quoi, exactement
- Et pour les clientes, qu’est-ce que ça change ?
- Marionnaud face à Sephora et Nocibé : un secteur déjà sous tension
- Questions fréquentes
- À retenir